Pourquoi les installations électriques vieillissantes représentent un risque
Dans un bâtiment, les installations électriques anciennes figurent parmi les sources de danger trop souvent sous-estimées. Si certaines situations à risque sautent immédiatement aux yeux, comme des fenêtres cassées, des carreaux de sol descellés ou des obstacles encombrant le passage, les installations électriques, elles, sont la plupart du temps hors de vue. Elles sont en effet dissimulées derrière des parois et des revêtements. C’est justement ce qui est trompeur : leur fonctionnement peut sembler correct et sûr, alors même que la sécurité n’est en fait pas garantie.
Des câbles posés il y a des années, des tableaux électriques vétustes ou l’absence de dispositifs de protection peuvent représenter un véritable danger pour les personnes, les bâtiments et les biens matériels. Cet article passe en revue les principales faiblesses des installations électriques anciennes et met en lumière les points auxquels les exploitants et les propriétaires doivent être particulièrement attentifs.
1. Absence de disjoncteur différentiel
Dans les bâtiments modernes, on peut difficilement se passer d’un disjoncteur différentiel. Ce petit dispositif est capable de détecter si du courant passe par un chemin inhabituel. En cas de défaut – par exemple, lorsque le courant est dérivé par un boîtier métallique – il coupe l’alimentation en quelques millisecondes. Par sa rapidité de réaction, le disjoncteur permet d’éviter bien des accidents électriques et des incendies.
De nombreux bâtiments anciens ne sont toutefois pas équipés de disjoncteur différentiel. Cela s’explique par la manière dont les installations étaient conçues autrefois. Les câbles électriques présentaient souvent seulement deux fils : un conducteur de phase et un conducteur combiné de neutre et de protection.
Un disjoncteur différentiel a cependant besoin de trois conducteurs séparés : un conducteur de phase (conducteur polaire), un conducteur de neutre et un conducteur de protection. En l’absence d’un conducteur de protection distinct, le disjoncteur ne peut pas remplir de manière fiable sa fonction de protection.
Il ne suffit donc pas simplement d’ajouter un disjoncteur dans les bâtiments anciens. Il est souvent nécessaire de renouveler l’ensemble du câblage pour répondre aux normes de sécurité actuelles.
2. Des isolations de conducteur poreuses ou endommagées
Avec le temps, les câbles perdent leur robustesse d’origine. Leur gaine devient friable et fragile. Signes caractéristiques de cette altération :
- Fissures
- Surfaces effritées
- Décolorations visibles
- Traces de surchauffe
Les câbles isolés avec un matériau textile sont particulièrement critiques : le risque de courts-circuits et de feu couvant augmente fortement.
3. Matériaux proscrits mais encore présents dans d’anciennes isolations
Les gaines de câble d’un certain âge sont souvent constituées de matières qui, à juste titre, ne sont plus autorisées de nos jours. Il s’agit notamment de composés PVC contenant des assouplissants néfastes pour la santé, des isolants à base de caoutchouc dégageant des substances nocives avec le temps, ainsi que des matières qui libèrent des gaz hautement toxiques en cas d’incendie.
Un faible échauffement de ces matériaux peut déjà libérer des vapeurs toxiques et un simple contact peut provoquer des irritations cutanées. On reconnaît aisément la présence de ces matériaux aux traces vert-brun qui apparaissent sur les broches des fiches, après utilisation dans d’anciennes prises.
4. Durée de vie limitée des installations et des appareils
Les composants électriques ne sont pas prévus pour durer éternellement. Avec le temps, ils subissent eux aussi une usure naturelle. À titre indicatif, voici les durées de vie approximatives :
- Câbles : env. 20 à 60 ans
- Fusibles et tableaux de distribution : 25 à 40 ans
- Prises électriques et interrupteurs : 20 à 30 ans
Des contacts obsolètes ou mal fixés peuvent rapidement entraîner une surchauffe.
5. Amiante dans les éléments de construction anciens
Dans les installations électriques anciennes, outre des câbles vétustes, on peut aussi trouver des matériaux qui ne sont plus autorisés aujourd’hui. L’amiante en est un exemple particulièrement marquant, ce matériau ayant été couramment utilisé autrefois en raison de sa résistance à la chaleur.
Amiante dans les chauffages à accumulation
De nombreux anciens modèles de chauffages électriques à accumulation contiennent des plaques d’amiante servant de protection thermique. Lorsque ces appareils sont ouverts ou démontés, des fibres dangereuses peuvent alors s’échapper, ce qui représente un risque sérieux pour la santé.
Amiante derrière les luminaires
Autrefois, on posait souvent des plaques d’amiante résistantes à la chaleur à l’arrière des lampes et des luminaires. Ces plaques passent généralement inaperçues, mais elles peuvent libérer des fibres nocives pour la santé si elles sont retirées ou endommagées.
Amiante dans ou derrière les tableaux électriques
Autrefois, les tableaux électriques étaient souvent fixés à des panneaux contenant de l’amiante. Il faut donc être particulièrement prudent lorsque l’on effectue des travaux sur ce type d’installation. En cas de doute, faites appel à un professionnel.
Conseils pour les installations et les appareils électriques
L’électricité est une cause fréquente d’incendie. Découvrez comment éviter facilement les incendies provoqués par les installations ou les appareils électriques :
6. Transformations et extensions non conformes
Dans de nombreux bâtiments anciens, les installations électriques ont été progressivement complétées au fil des ans, souvent par des personnes qui ne disposaient pas des connaissances requises. Il n’est pas rare alors que des risques pour la sécurité apparaissent, tels que :
- des câbles mal raccordés
- des boîtes de dérivation surchargées
- des conducteurs de protection absents
- des sections de câbles inadaptées
- des solutions improvisées dans le tableau électrique
Les installations non conformes de ce type font partie des causes les plus fréquentes d’incendie.
7. Un nombre insuffisant de prises augmente le risque
Au cours des dernières décennies, de plus en plus d’appareils électriques se sont imposés dans notre quotidien. Le nombre de prises qui était adapté à la vie d’avant ne suffit plus du tout aux besoins d’aujourd’hui. Par conséquent, on utilise de plus en plus de multiprises qui sont souvent branchées en cascade. C’est ainsi que l’on peut voir de véritables tours de prises branchées les unes dans les autres, et des adaptateurs en série. Les câblages improvisés sont aussi fréquents.
Mais ce que beaucoup ignorent : dans un branchement en cascade, la charge s’additionne au niveau des prises en amont. Cela peut entraîner une surchauffe des fiches, des prises et des câbles, et augmenter le risque d’incendie.
Conclusion : Anticipez et renforcez votre sécurité
Il est particulièrement important de faire appel à un professionnel pour contrôler ou moderniser une installation électrique s’il n’y a pas de disjoncteur différentiel, si les câbles sont cassants ou décolorés, si les prises sont mal fixées ou produisent des étincelles. Il en va de même si l’on est amené à utiliser de manière prolongée plusieurs multiprises, si le tableau électrique est ancien, anormalement chaud ou émet un bourdonnement, ou si l’on suspecte la présence d’amiante ou de matière friable gris-blanc derrière les luminaires. Toutes ces situations sont autant de signaux clairs qui doivent pousser à agir.
Une installation électrique moderne offre une protection fiable contre les accidents et réduit considérablement le risque d’incendie.
Cet article de blog a été rédigé en collaboration avec l’Association Suisse pour le contrôle des installations électriques (ASCE). L’ASCE représente plus de 2600 professionnels de la branche électrique.











